lundi 13 avril 2015

Eduardo Galeano, célèbre écrivain uruguayen est parti

Imprégnés d’une profonde sagesse, nourris à la fois des traditions millénaires de l’Amérique indigène et du riche métissage culturel du continent, les textes d’Eduardo Galeano entremêlent l’exactitude historique et l’exigence éthique à une beauté poétique simple et accessible.

Le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Galeano est décédé ce lundi 13 avril à 74 ans, à Montevideo. Très aimé d’un vaste public en Amérique latine mais aussi ailleurs dans le monde, Galeano avait été admis à l'hôpital vendredi dernier à cause d'un cancer au poumon.

Avant de devenir un remarquable intellectuel de la gauche latino-américaine au début des années 70, Eduardo Galeano a été ouvrier à l’usine, dessinateur, peintre, messager, dactylographe et employé de banque, entre autres métiers. Il a été journaliste à l’hebdomadaire uruguayen « Marcha », jusqu’à sa fermeture en 1974 par la dictature de Bordaberry, puis est parti en exil à Buenos Aires, où il a été parmi les fondateurs de la revue politique « Crisis ».


Paru en 1971, « Les veines ouvertes de l'Amérique Latine »
a été souvent interdit par les dictatures de l’Amérique du sud.
Texte fondamental pour la science politique contemporaine, il
a été un outil indispensable à l’éveil de la conscience critique
pour des générations de latino-américains. 

La publication en 1971 de « Les veines ouvertes de l'Amérique Latine », un de ses livres les plus connus, l’avait érigé au rang d'auteur classique de la littérature politique latino-américaine.

Traduit très vite dans une vingtaine de langues, cet ouvrage est considérée une pièce fondatrice de la science politique contemporaine, qui décrit par des chroniques inspirées l’inégalité des rapports nord-sud, et la géopolitique de la domination héritée aux Amériques des colonies.

Plus récemment, sa trilogie « Mémoire du Feu » (1982-1986), dense recueil d’articles qui dépassent les genres courants et combinent le journalisme, l'analyse politique et l'histoire, ont été aussi traduites dans plusieurs langues. Au total, son œuvre réunit plus d’une quarantaine de livres.

L'auteur lui-même avait proclamé sa permanente obsession d’écrivain : « Je suis un auteur hanté par la mémoire, le souvenir du passé de l'Amérique et surtout celui d'Amérique Latine, terre intime condamnée à l'amnésie. »

Le président de la Bolivie, M. Evo Morales et l’écrivain
uruguayen Eduardo Galeano, récemment disparu.
Promoteur du regard critique sur l’Histoire et d'un développement autonome du continent latino-américain, l'intellectuel avait toujours été aux côtés des minorités persécutées et proche des dirigeants qui résistent aux injonctions du néolibéralisme économique, qui impose au sud du monde un pragmatisme politique qui dévaste le continent et accentue les inégalités.

Eduardo Galeano avait été un proche du leader socialiste chilien Salvador Allende, élu Président du Chili en 1970 et déposé en 1973 par le sanglant putsch militaire de Pinochet. Il était aussi l’ami personnel d’Hugo Chávez, le leader vénézuélien mort en 2013, d’Evo Morales, Président de la Bolivie, et de Rafael Correa, Président de l’Equateur.